Penser l’office du juge



Intervention de Renaud Alméras au cycle de conférences de la Cour de cassation "Penser l'office du juge" le 14 avril 2022 en Grand'chambre.


Certains phénomènes actuels, tels que l’inflation législative, la spécialisation du droit, l’alourdissement du contentieux ou le développement des algorithmes, mettent à l’épreuve le lien entre la raison du juge et ses émotions.


Dans ce cadre, je juge serait appelé à rendre des décisions standardisées, conformes aux résultats de la justice prédictive. Il ne disposerait matériellement pas du temps nécessaire pour cerner les personnalités et les circonstances du litige. Ainsi, aucune place ne serait laissée à ses émotions, regardées comme une source de déraison et de partialité.


Pourtant, les évolutions sociales et techniques ne sauraient dénaturer l’office du juge qui consiste, suivant l'ancienne formule d’Ulpien, à attribuer à chacun sa part.


En effet, le rôle du juge ne se réduit pas à l'application automatique d'une norme, mais à l'appréciation humaine du degré de pertinence des arguments avancés par chacune des parties au litige - en faisant appel à sa raison et à ses émotions.


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